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SPRINGback

Rencontre avec Sylvie d’Esclaibes

Sylvie d’Esclaibes et la pédagogie Montessori

En publiant de nombreux ouvrages sur la méthode Montessori, Sylvie d’Esclaibes lui a donné une plus grande visibilité en France ces dernières années.

Désireuse de pouvoir mettre cette méthode en application, elle fonde en 1992, le premier (et encore aujourd’hui unique) lycée Montessori et forme aujourd’hui les enseignants à sa mise en œuvre. Elle est l’auteur de nombreux ouvrage de référence et plus récemment, a crée le blog « LES ADULTES DE DEMAIN » avec sa fille Stéphanie.

SPRINGback l’a rencontré.

Sylvie d’Esclaibes - Lycée Montessori

Quels sont les grands principes de la méthode Montessori ?

La base de la pédagogie Montessori est de respecter le rythme de chaque enfant tel qu’il est, c’est la pédagogie qui s’adapte à l’enfant et non l’inverse. Aucune forme d’enseignement ne lui est imposé. Avec cette méthode, c’est l’enfant qui est au cœur de l’enseignement.

Nous devons observer les enfants et en fonction de ces observations, créer un environnement propre à la construction et l’apprentissage de chacun.

L’enfant pourra ainsi piocher dans l’environnement tout ce dont il a besoin pour apprendre.  Vous l’aurez compris, cette phase d’observation et de mise en place de l’environnement est essentielle dans la pédagogie Montessori.

Chaque enfant est différent et les adultes doivent le respecter dans sa différence.

En acceptant l’enfant tel qu’il est, c’est-à-dire, avec son rythme de développement, avec ses qualités et ses défauts, et en lui faisant confiance, il développera une meilleure estime de lui, et donc de fait, aura moins tendance – arrivé à l’âge adulte – à se construire dans la confrontation à l’autre.

La méthode Montessori repose sur des valeurs d’autonomie, de confiance en soi, de concentration et de tolérance. Ce sont là, les valeurs d’une éducation pour la paix !

Evidemment, la liberté est l’un des piliers fondamental de la pédagogie Montessori. Mais pas n’importe quelle liberté, une liberté cadrée. Maria Montessori expliquait clairement qu’un enfant va déployer sa liberté à partir du moment où il aura un cadre clair et sûr.  À ce moment-là, il sera un être libre et acceptera « librement » les différentes contraintes.

Une autre valeur est primordiale, et cela va tout à fait dans le sens de ce que SPRINGback développe : l’ouverture et la connaissance du monde qui les entoure, puisque c’est ce qui va permettre in fine une éducation pour la paix.  Enfant ou adulte, l’inconnu fait peur et c’est ce qui nous rend – le plus souvent – agressif. Dans la mesure où nous aidons l’enfant à entrevoir le monde, sa culture et à s’ouvrir à d’autres cultures, il comprend que malgré toutes nos différences, nous, êtres humains, ressentons tous des émotions et avons tous des sentiments. C’est justement ça qui nous rend humain ! Cette ouverture à la différence rend l’enfant beaucoup plus tolérant, ouvert ; il comprend également qu’il fait partie d’un tout plus grand que lui, et que l’homme doit composer et respecter l’autre qu’il soit animal ou végétal.

Dans la pédagogie Montessori, un autre aspect phare est, en effet, le développement sensoriel de l’enfant. Maria Montessori avait remarqué qu’entre 0 et 6 ans les enfants traversaient une période sensible pendant laquelle ils sont dotés d’un esprit absorbant. Pour faire simple, l’enfant va très facilement « absorber » les choses qu’on lui présente. Prenez le langage par exemple. Si on communique avec l’enfant en utilisant un vocabulaire riche, il développera à son tour un vocabulaire riche.

Cette période est donc propice à l’apprentissage d’une seconde langue. 

La méthode Montessori n’a pas développé en soi une approche de l’apprentissage des langues, vous avez ainsi conçu votre propre méthode ?

Il y a plus 30 ans, j’ai mis le bilinguisme en place pour les enfants à partir de l’âge de 2 ans. Comme je vous l’expliquais juste avant, entre 0 et 6 ans, l’enfant traverse la période sensible du langage, pendant laquelle il peut acquérir une seconde langue aussi facilement que sa langue maternelle et ce, même si ses parents ne parlent pas cette langue à la maison.

Pour se faire, il est toutefois nécessaire que l’enfant soit en immersion totale avec une personne native de cette langue, qui lui transmettra non seulement le langage, mais également la culture. Ainsi, l’enfant ne prendra pas le réflexe de traduire dans sa langue mais pourra tout simplement penser dans cette seconde langue.

J’ai donc décidé de mettre en place des demi-journées entièrement en immersion pour permettre aux enfants de développer leurs capacités linguistiques. Être bilingues est un grand plus dans le monde actuel, qu’il s’agisse de voyages, d’études à l’étranger ou encore d’expatriation.

Comment les parents peuvent-ils mettre à profit le temps extra-scolaire et notamment celui des vacances dans une approche Montessori de l’éducation ?

Montessori est plus qu’une éducation, c’est une philosophie de vie.

Nous pouvons la mettre en place non seulement pendant le temps scolaire, mais aussi et surtout à la maison. Pendant le temps extra-scolaire, il est important de faire des activités qui mettent l’accent sur le développement sensoriel.

Pendant les vacances, sortez et observez la nature avec vos enfants. Il faut regarder la beauté dans le monde, nous devons amener les enfants à regarder la mer, à sentir les fleurs, à s’émerveiller de ce qui est.

Faire un voyage à l’étranger est également une occasion idéale pour la découverte d’une nouvelle culture et/ou pour l’apprentissage d’une autre langue. Votre enfant aura très certainement envie de pouvoir échanger avec d’autres enfants et ira spontanément vers l’apprentissage d’une autre langue.

Chez SPRINGback, nous concevons des voyages 100% personnalisés et individuels. Les jeunes partent en solo pour aller rejoindre d’autres jeunes ou s’intégrer dans des familles à l’étranger. En quoi pensez-vous que ce type d’expérience est profitable vs un départ en groupe ?

Du point de vue Montessori chaque être est différent, même si il partage le même âge ou la même famille. Ainsi, il est très important – pour que le voyage se passe bien et lui soit bénéfique – qu’il soit adapté à chaque enfant, à ses centres d’intérêt, à ce qu’il a envie de développer, au pays qui le fait rêver, à la langue qu’il aime. Il est également important de se demander si votre enfant se sentira mieux dans une famille, dans un centre avec d’autres enfants, s’il aime le sport, est plutôt artiste ou musicien par exemple….

Je pense que l’approche de SPRINGback est vraiment formidable dans le cadre de Montessori : c’est adapter le voyage à l’enfant.

Quelle signification donnez-vous au terme « immersion » dans le cadre d’un voyage ?

Au-delà de la langue, visiter un autre pays permet de découvrir une autre culture. Pour moi, il est essentiel que l’enfant voyage pour voir comment les habitants des autres pays vivent. Cependant, il est vrai que s’ils partent un groupe, ils auront tendance à rester entre eux. Partir seul n’est pas toujours facile – surtout pour les plus jeunes – mais c’est comme cela que se crée les rencontres, que l’on rentre en contact avec les locaux, qu’on touche du doigt une autre façon de voir les choses et donc qu’on tire le plus de bénéfice de cet ailleurs.

L’immersion est partout. Toutes les activités amenant l’enfant à se servir de ses sens (faire la cuisine, se promener sur un marché, visiter un musée, rencontrer d’autres enfants) facilitent le transfert culturel.

En quoi, ce type d’expérience est-elle profitable pour un jeune ?

Il va développer sa confiance en lui, il va se rendre compte qu’il est capable de partir sans ses parents, c’est un point clé. De plus, il développera son autonomie et son adaptabilité, faculté primordiale dans le monde actuel. En partant seul, l’enfant aura nécessairement l’envie d’aller vers les autres, deviendra ainsi plus sociable et tolérant.

Attention toutefois, à chaque âge correspond des attentions particulières.

L’enfance de 6 à 12 ans :

Les enfants à cet âge ont l’esprit grégaire. En conséquence, ils ont besoin d’être en groupe et d’avoir des copains. C’est un âge parfait pour partir, l’enfant a besoin d’être avec les autres, de sortir, de participer à projets à l’extérieur et de voir la nature.

La puberté de 12 à 15 ans :

C’est une nouvelle naissance, c’est la puberté. Ils ont besoin de gagner de l’assurance. C’est un âge où il faut les relier à la terre pour retrouver leurs racines, leur proposer des activités en lien avec la terre, l’écologie, le jardinage ou l’agriculture. A cet âge, ils sont déjà « grands » et ont besoin de faire l’expérience de la vie sans leurs parents.

L’adolescence de 15 à 18 ans :

A cet âge, les enfants doivent se préparer à la vie adulte. Il est essentiel de leur apporter les clés de l’autonomie. En leur faisant confiance, et avec l’accompagnement d’adultes référents auxquels ils peuvent s’identifier, on doit leur donner envie de devenir eux aussi adultes. Quoi de mieux qu’un voyage pour éventuellement les préparer à partir faire des études à l’étranger et ainsi développer leur autonomie.

Pour conclure, quel message d'avenir et d'espoir souhaiteriez-vous faire passer aux jeunes ?

J’ai beaucoup d’espoir pour la jeunesse ! Les choses bougent, le monde évolue. Cette nouvelle génération prend peu à peu conscience des besoins de notre planète et qui je l’espère ira vers de meilleurs modes de consommation, de meilleurs modes de communication avec l’autre et qui rendra notre planète meilleure. Ils engagent un retour aux choses essentielles que sont la solidarité et le respect de la nature !

Pour suivre Sylvie d’Esclaibes :

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